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LES INTERDITS ISLAMIQUE

LES INTERDITS ISLAMIQUE
« le: 20 octobre 2016 à 15:23:37 »
LES INTERDITS ISLAMIQUE

Allah dit dans le Coran :


« Vous ont été interdits : la bête morte[1], le sang[2], la viande de porc, ce qui a été égorgé au nom d’autre que Dieu, la victime d’un étranglement, d’un choc, d’une chute, d’un coup de corne et tout ce Les interdits islamiquedont a mangé une bête féroce (sauf ce que vous avez achevé en l’égorgeant[3]) ce qui a été immolé sur l’autel des idoles, et de vous départager par le tirage au sort. C’est là un acte de rébellion (à Dieu).
Aujourd’hui ceux qui ont renié ont désespéré de votre religion. Ne les craignez point et craignez-Moi.
Aujourd’hui Je vous ai parfait votre religion, Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agréé pour vous l’Islam comme religion.
Celui qui, dans une grande famine, est poussé par la nécessité et nullement par le goût du péché,[4] Dieu est alors essentiellement absoluteur et miséricordieux »[5]

Ibn Abî Zayd dit dans sa Risâla chapitre 29, on cite: "la bête étranglée avec une corde ou ce qui est comparable, la bête assommée avec un bâton ou ce qui est comparable, celle qui tombe suite à une chute, celle qui a été écornée ou a été dévorée par les bêtes sauvages, ne peuvent être consommées, même si elles sont abattues canoniquement (égorgement rituel), si elles ont atteint un stade où elles ne peuvent survivre."fin de citation.

Allah dit dans le Coran : « Mangez de ce sur quoi on a prononcé le nom de Dieu (en l’égorgeant) si vous êtes croyants en Ses signes »[6]

Pour les détails sur l'égorgement rituel (dhakât) et aussi le statut de l'egorgement des gens du Livre (juifs et chrétiens), cliquez ici.

Allah dit dans le Coran :

« On vous a rendu licite de pêcher en mer et d’en manger. C’est là une jouissance (autorisée) à vous et aux itinérants. »[7]

Les interdits islamique« O vous qui avez cru ! Le vin, la divination par les entrailles des victimes ainsi que le tirage au sort (jeu de hasard) ne sont qu’un acte impur de ce que fait Satan. Evitez le !....Le diable ne cherche qu’à introduire parmi vous les germes de la discorde par l’animosité et par la haine à travers le vin et le jeu (de hasard) et à vous détourner de l’invocation de Dieu et de la prière. Allez – vous donc y mettre fin ? »[8]

« Ils t’interrogent sur ce qui leur a été permis, dis : « On vous a permis tout ce qui est bon et pur, ce que vous avez dressé parmi les animaux de chasse les exerçant à cet art et leur apprenant de ce que Dieu vous a appris. Mangez de ce qu’ils ont pris pour vous (gibier), prononcez sur lui le nom de Dieu[9] et craignez Dieu, car Dieu a le calcul rapide.
Aujourd’hui on vous a permis tout ce qui est bon et pur. Le manger de ceux qui ont reçu le Livre vous est licite[10] et votre manger leur est licite, (on vous a permis) les femmes chastes parmi les Croyantes et les femmes chastes parmi ceux qui ont reçu le Livre avant vous, une fois que vous leur avez apporté leurs dots en en faisant des épouses chastes et non des prostituées ou des maîtresses. »»[11]

Drogue et cigarette :
Il faut signaler que tout ce qui rend ivre ou qui fait perdre à la personne ses moyens : comme l’alcool ou les drogues, ainsi que tout ce qui porte préjudice à la santé ou à la vie comme la cigarette, est considéré comme illicite en Islam: cliquez ici sur ce lien à propos de la Cigarette

Les animaux se nourissant de souillures:
Si un animal licite ( à la consommation) se nourrit de souillures(najâsât), l'opinion des hanbalites dit qu'on ne peut le manger qu'après une période de quarantaine dans laquelle on le nourrit d'aliments propres pour que sa viande ne soit plus contaminée par ce qu'il mange. Cette période varie entre trois et quarante jours[12].
Ce genre d’animaux est détestable (makrûh) à la consommation chez l’Imâm Mâlik : et la version dominante dans l’école malikite est que la viande de ces animaux consommables est licite, mais leur lait est détestable (makrûh)( voir :Al-Fiqh ‘alâ al-madhâhib al-arbaa d’Al-jazîrî, tome II, page 9.)

Gélatine et colorants alimentaires:
Pour ceux d'origine végétale ou qui ont pour origine des poissons ou l'animale licite égorgé rituellement,ou des oeufs: ils sont licites au regard de la loi islamique sans aucune divergence.
Pour ceux qui ont pour origine les insectes, ils sont licites selon notre école malikite: lire les détails ici:
Consommation des fruits de mer, sauterelles, escargots, et insectes selon l'école de Mâlik
Pour le reste:
Quant à la gélatine ou autres colorants ou produits composants intrinsèques des aliments qui subissent des « transformations chimiques irréversibles », ils ne font pas partie de l’illicite parce que le produit de base qui était impur ou même porcin (par exemple) a changé d’état (du solide au gaz puis vers un autre solide ou liquide) et de nature vers un produit pur et bon (on a comme exemple et analogie à ce sujet la transformation irréversible du vin (le vin est impur et haram) en vinaigre (le vinaigre est pur et halal par Hadîth du Prophète (paix et salut sur lui) ). Voir les références de cet avis en note de bas de page[13].

Attention, il s'agit également de mesurer le danger de ce type de nouveaux produits sur la santé et en cas de danger avéré il sera interdit à la consommation bien sûr.


Il convient toujours au musulman de prononcer le Nom de Dieu (dire : « Bismillah ») avant de commencer à manger ou boire et de le faire avec la main droite.

Manger (ou boire) dans des plats ou des récipients d’or ou d’argent est illicite.[14]

A noter que : mettre de l’or et l'argent (*) ou s’habiller en soie est interdit pour les hommes seulement[15] (sauf si la personne est atteinte d’une maladie de peau qui l’oblige à mettre de la soie, dans ce cas cela est toléré pour certains savants: les malikites ne l’autorisent pas pour l’homme même dans ce cas, les shafiites l’autorisent dans ce cas de nécessité : Al-Fiqh ‘alâ al-madhâhib al-arbaa d’Al-jazîrî tome II page 16).
(*)Cela est interdit pour l’homme Sauf : la bague en argent uniquement à condition qu’elle soit en valeur de deux dirhams légaux * ou moins et que cela soit Une bague et non plus ; les dents (que la personne a perdu) peuvent être remplacées pour lui par des dents d’or ou d’argent, le nez (pour celui qui l’a perdu), l’épée pour le Djihâd et la couverture du Livre du Coran ( par vénération à ce Livre sacré ; mais à condition que cela soit de l’extérieur ; quand à son ornement de l’intérieur par l’or ou l’argent ou son écriture par l'or et l'argent : ceci est détestable) . Voir Al-Fiqh ‘alâ al-madhâhib al-arbaa d’Al-jazîrî tome II page 17.

*2 dirhams légaux c'est-à-dire : environ 2 * 2.975 grammes d’argent= environ 5.95 grammes d’argent au maximum.
وزنُ الدرهمِ الشرعي يعادلُ 2,975 جراما . [ انظر : الموسوعة الفقهية 11/ 27


Notes de bas de page:

[1] « La bête morte » qui est illicite à consommer, est celle, parmi les animaux et les oiseaux qui a connu une mort naturelle sans que l'homme intervienne avec l'intention de l'immoler ou de la chasser. Excepté ce qui vit dans la mer ou la rivière (poissons, crevettes, crustacés, fruits de mer ou autres semblables), on peut le consommer après la pêche (sans immolation) et même mort.
Il est autorisé de consommer la sauterelle et l’escargot et certains animaux qui n’ont pas de sang (comme les insectes et les vers non nocives et s’ils ne dégoûtent pas la personne), ils seront consommés après leur capture (et mise à mort) sans immolation mais avec une intention d’immolation (dhakât) par cette mise à mort (pour ces espéces qui n'ont pas de sang).
Cela veut dire que si on trouve une sauterelle quelque part déjà morte, il sera interdit de la manger.
Mais si on prend l'ecargot vivant ou la sauterelle vivante par exemple et qu'on utilise l'eau chaude ou le feu ou les dents (par exemple) pour lui donner la mort avec l'intention de Dhakât, il pourra être consommé.
(Ref: Al-Fiqh 'Alâ al-madhâhib Al-arba'a d'Al-jazîrî tome II page 6 et 7)

(Ceci est l’opinion des malikites, pour l'école hanafite par exemple : certains fruits de mer ou crustacés sont interdits à la consommation; à noter par contre qu’il y a unanimité sur la licéité de la consommation de la sauterelle).


[2] Sauf la rate et le foie qui sont licites, bien qu’ils sont composés essentiellement de sang.
Il faut savoir aussi que le sang considéré comme Harâm est le sang répandu (Masfûh) (le sang qu'on a fait couler) et non le sang en petit quantité restant dans une bête consommable après son immolation légale : (voir Sourate Al-an’âm verset 145).
إن الإسلام قد عفى عن قليل الدماء لعدم إمكانية التحرز منه، وعدم تحقق الضرر فيه، ولذلك جاء النص القرآني بتحريم الدم الموصوف بالمسفوح:{أَوْ دَماً مَسْفُوحاً}(الأنعام:145) وهذا يدل على أن الدم الذي يبقى عالقًا في اللحم غير داخل في التحريم، يقول الطبري في ذلك: "وفي اشتراطه جل ثناؤه في الدم عند إعلامه عباده تحريمه إياه المسفوح منه دون غيره الدليل الواضح على أنه إن لم يكن مسفوحًا فهو حلال غير نجس"

[3] L’immolation de la bête est faite par un musulman, un chrétien ou un juif et obéit à des règles.
selon Ibn Rushd Al-qurtubî: Les malikites ont toléré l’égorgement par la femme et par l’enfant qui maîtrise ,qui distingue, qui a le discernement (Mumayyiz). Quant au fou et celui qui est ivre leur immolation est illicite chez les malikites. Idem pour l’apostat.
Les animaux féroces ou carnivores (animaux ayant des canines dont ils se servent pour attaquer d'autres animaux comme les fauves, les chiens…) ne sont pas consommables par les musulmans: Ils sont makrûh (détestables) à la consommation dans la version la plus connue des malikites sauf le chien qui est interdit à la consommation dans la version la plus connue des malikites.

[4] Celui qui est menacé de mort par inanition (manque dangereux de nourriture qui menace sa vie) mangera de ces choses ce qui lui permettra d'assouvir sa faim jusqu'à ce qu'il trouve la nourriture licite (c'est ce que précise l'Imâm Mâlik: voir Bidâyat al-mujtahid d'Ibn Rushd tome II page 21).

[5] Sourate V, verset : 3.

[6] Sourate VI, verset : 118.

[7] Sourate V, verset : 96.

[8] Sourate V, versets : 90-91.

[9] Il faut avoir l'intention (c'est la condition) et prononcer obligatoirement pour le musulman le nom de Dieu avant de tirer sur le gibier pour ce qui est de la chasse…
Chasser pour se divertir est blâmable, mais chasser dans un autre but que la distraction est licite. Tout gibier tué par notre chien de chasse ou par notre faucon dréssé à la chasse est de consommation licite, à condition d'avoir lancé sur eux (à dessein) les dits animaux (et on prononcera le Nom de Dieu avant de lancer). Mais le gibier qu'on aura pu saisir avant que nos animaux de chasse ne l'aient mortellement atteint, on ne pourra le manger qu'après l'avoir égorgé rituellement. Tout ce qu'on chasse par les flèches ou la lance ou les balles, est consommable. Si on arrive à temps pour l'égorger rituellement, on l'égorgera. Si le gibier disparaît après avoir été touché mortellement et qu'on le retrouve ensuite, on peut le manger tant qu'il ne sera pas écoulé une nuit avant qu'on ne le retrouve. Selon une autre opinion, cette prescription ne s’applique qu’au cas où le gibier a été tué par des bêtes de proie et n’a pas été retrouvé par le chasseur qu’après une nuit. Mais quand on retrouve le gibier percé par la flèche à un endroit où la blessure faite doit normalement entraîner la mort, on peut le manger sans inconvénient. Ref : la Risâla d’Ibn Abî Zayd Al-qayrawânî traduction L.Bercher chapitre 29 page127.

[10] Ce qui a été égorgé par les gens du livre et qui est consommable par les musulmans est licite si certaines conditions sont respectées : parmi ces conditions : l'intention et qu’ils ne prononcent pas un autre nom autre que le Nom de Dieu(parmi ses idoles) avant d’égorger la bête et qu'il égorge ce qui lui est licite par notre religion. Prononcer le Nom de Dieu n’est pas nécéssaire pour lui.
Voir Al-Fiqh 'alâ al-madhâhib al-arbaa tome II page 25.

[11] Sourate V, versets : 4 et 5.

[12] Abd-al-Hadi: Ahkâm al-at'imah, p. 72-75.

[13] Fatwa du « conseil européen de la Fatwa et de la recherche » et Fatwa de «l’Organisation islamique médicale» établit au Koweit du 22 au 24 /05/1995.
Les savants ont divergé sur la purification de l’impureté par la transformation (Istihâla), c’est-à-dire le passage d’un état (d’impureté) à un autre (pur).Les malikites sont d’avis que l’Istihâla compléte est une purification. Il y a eu des études scientifiques et juridiques précises faites à ce sujet : résumées dans : Majallat Al-madh-hab al-mâlikî numéro 3 , année 2007, page 42 et suivantes.
On conclu qu’il a eu divergence particulièrement sur la gélatine d’origine porcine ou de l’animal mort (sans immolation) : donc ce sont là des choses douteuses qu’il vaut mieux éviter (sauf en cas de difficulté).

[14] Selon le hadîth : Selon Umm Salama (que Dieu l’agrée), le Messager d'Allâh (paix et salut sur lui) a dit : "Celui qui boit dans un vase d'argent ne fait qu'avaler dans son ventre du feu de l'Enfer". (Al-Bukhârî).
في صحيح مسلم: "إن الذي يأكل أو يشرب في آنية الفضة والذهب إنما يجرجر في بطنه نار جهنم"
Et dans le sahîh de Muslim : le Prophète (paix et salut sur lui dit) : « Celui qui mange ou boit dans un vase (récipient) d'argent et d’or ne fait qu'avaler dans son ventre du feu de l'Enfer »


[15] Selon le Hadîth rapporté par Abû Dâwûd.

Pour plus de détails sur le sujet des interdits alimentaires:
Voir utilement : « Bidâyat al-mujtahid wa nihâyat al-muqtasid » d’Ibn Rushd Tome II, page 2 et suivantes : chapitre : « al-at’ima wa al-ashriba » Ibn Rushd dans ce chapitre citent tous les avis des différents savants sur ce sujet avec les arguments de chacun.


 






LES INTERDITS ISLAMIQUE
« Réponse #1 le: 30 octobre 2016 à 15:38:35 »
 

Les interdits en Islam

”Certes la route vers l’enfer est parsemée de plaisirs et celle menant au Paradis parsemé d’interdits” (hadith du prophète Muhammad (PBSL) rapporté par Abu Houreïra)
 
La pratique de l’Islam est réglementée par une série de prescriptions qui englobent la vie du croyant. Leur buts, est avant tout de permettre à la communauté de vivre en harmonie tout en célébrant l’unicité de Dieu (Tawhid). De même, pour préserver sa foi, le croyant se doit de respecter certains interdits bien précis ; qui lui permettent de maintenir l'équilibre entre sa vie matérielle (profane) et sa vie spirituelle (sacré).

Du temps du prophète (PBSL) et de ses compagnons, sept interdits majeurs furent reconnus : le polythéisme (Chirk), le meurtre (Katl'), le vol (S'arika), la sorcellerie (Sihr), la lâcheté en temps de guerre (Al Idbar), l’accusation d’adultère sans preuve (Kadf Al Muhsanat) et l’usure (Riba).

En plus de ces interdits de base, que l’on peut considérer comme presque communs aux autres monothéismes, la Tradition musulmane fixe d’autres interdits spécifiques qui ont donné plus tard une base solide aux assises du Fiqh (Jurisprudence Islamique).

Certains de ces interdits sont référencés ou inspirées du Coran, d’autres puisent leur source dans la tradition prophétique (Sunnat Annabi'). Si pour les musulmans, ces interdits relèvent du domaine de la foi ou de l'absolu, ils restent pour l’homme occidental difficilement justifiables et peuvent constituer pour lui une barrière culturelle s’opposant même aux fondements laïques de la société moderne.

Le porc et les autres viandes



 3. Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu'on a immolée sur les pierres dressées, … Si quelqu'un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché... alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux .

 Sourate 5 : AL-MA-IDAH (LA TABLE SERVIE)


Ce verset est l’un des plus clairs quand à l’interdiction formelle qu’il est fait au musulman de consommer la viande de porc, de la bête féroce ou celle provenant d’animaux morts. Cette dernière prescription est facile à comprendre, étant donnée qu’un animal trouvé mort est souvent dans un état de décomposition avancé, et sa viande se trouve de ce fait avariée et impropre à la consommation. De plus la transmission de maladie est beaucoup plus importante par la consommation d’une viande d’animale trouvé mort.

En ce qui concerne le porc, l’interdiction de sa consommation se justifie sûrement par deux raisons : une hygiénique facilement justifiable et l’autre « spirituelle » dont le sens reste difficilement saisissable surtout pour l'homme non enraciné dans une tradition d'origine, qui voit dans les interdits religieux uniquement une forme de restriction de son espace de liberté.

Sur le plan hygiénique, la plupart des dictionnaires anciens ou modernes qualifient le porc comme étant un animal malsain, mangeant tout et n’importe quoi, et même ses propres excréments. La tradition musulmane n’ajoute rien à cette définition, elle considère le porc comme étant un animal impur « Najass’ » ou « Fisq ». Dans ce cas, la prohibition de consommer sa viande peut s'inscrire donc dans une logique de prévention sanitaire. Elle rappelle aussi au musulman la sacralité de son corps et la nécessité de le préserver de toute impureté. Mais de quelle impureté s'agit-il réellement ? Car si l'on se réfère au Coran le mot « Najass' », qui veut aussi dire « Souillure », n'a pas toujours une connotation impliquant une nocivité physique, mais aussi spirituelle : « Ô vous les croyants! les associants : ne sont qu'impureté (Najass) ». (Coran, 9/28), d'où l'importance accordée à certains rites plus que d'autres en islam, notamment ceux qui ont pour but premier la purification de l'âme « Nefs » du musulman avant son corps. Mais n'anticipons pas davantage sur ce point, car ils nous conduiraient trop loin.

Les progrès de l'épidémiologie confirment que le porc est un hôte plus vulnérable que d'autres animaux, et qu'il abrite certaines maladies dangereuses pour l'homme ; que son sang par exemple est différent de celui des autres du fait qu'il évacue moins vite les toxines. Les intestins du porc sont également sujets à la prolifération de nombreux ténias, de façon beaucoup plus virulente que chez les autres organismes vivants ; de nombreuses maladies portées par le porc peuvent donc être transmissibles à l’homme comme la Listeria monocytogenes, le tenia solium ou la maladie de la vésiculeuse de porc.

Sur le plan spirituel « Ruhani », la tradition musulmane enseigne que le cœur (1) du croyant doit en toute circonstance rester pur (on parle alors de « Safa’ Al Kalb »), afin de pouvoir maintenir par la prière, le lien permanent avec son créateur (2). Selon un enseignement ésotérique oriental bien connu des anciennes civilisations d'avant l'Islam, les habitudes alimentaires négatives peuvent constituer un obstacle à la pratique rituelle d'une religion, dans la mesure où elles perturbent la foi du croyant, en altérant le comportement et la réceptivité spirituelle du cœur.

Il est à signaler par exemple que des recherches scientifiques sont arrivées récemment à la conclusion qu’une partie des aliments consommés par l’homme ont une réelle influence sur son corps et son esprit. Connues en occident sous l’appellation « We are what we eat and what we wear » (Nous sommes ce que nous mangeons...), ces études démontrent qu'il existe bel et bien une forte corrélation chez l’homme entre ses habitudes alimentaires et son comportement physique, psychique et même spirituel. Ces études viennent donc confirmer amplement le précepte ésotérique énoncé plus haut.

« Manger une nourriture, c’est introduire en soi les caractères fondamentaux des êtres vivants à qui elle a été prise. Aucun aliment n’est sans effet sur les poussées instinctives, les sentiments et les pensées de celui qui l’assimile. C’est trop évident des alcools, des excitants, des stupéfiants, des soporifiques. Mais toute nourriture est drogue à un certain degré. [...] Manger, ce n’est pas seulement absorber une certaine masse de matière, mais encore introduire en nous certains esprits. Et pour votre esprit aussi, toute nourriture est remède ou poison. La science de l’influence spirituelle des aliments est entièrement perdue aujourd’hui ; elle est certainement à la base des observances religieuses des anciens jours. Il est bon de rappeler, par exemple, que la viande de porc et les pommes de terre nourrissent la lourdeur, la brutalité, l’obscurité et disposent à la cécité, à l’obésité et au cancer ...».


Lanza del Vasto (Approches de la vie intérieure)



A ces deux volets légitimant l'interdiction islamique de la consommation de la viande de porc, on pourrait ajouter un troisième qui est en réalité lié de près aux deux précédents et qui consiste en la nécessité primordiale pour les musulmans de se soumettre aux commandements et à la "Loi", comme cela était le cas pour d'autres nations qui ont reçu le message divin avant eux. Pour comprendre ce dont il s'agit réellement il faut revenir au texte coranique pour lire par exemple dans un passage : « Toute nourriture était licite aux enfants d'Israël, sauf celle qu'Israël lui-même s'interdit avant que ne descendit la Thora. » (Coran 3 :93) Dans le passage de la sourate mentionné plus haut, le ton légiférant montre clairement qu'il s'agit-là d'un décret divin, qui instaure une relation à sens unique entre le Créateur et Sa création, qui ne peut que se soumettre à sa Loi : « Vous sont interdits la bête… ».

L'eschatologie musulmane enseigne à travers un fameux hadith (3), dont la chaîne de transmission est authentique, puisqu'elle reprend plusieurs compagnons du prophète Muhammad (PBSL), que le devoir de l'homme est de se soumettre à la sagesse divine par la Loi et que l'un des premiers gestes que le christ Jésus (Issa en islam) accomplira à son retour sur terre à la fin des temps sera celui de « briser la croix » symbole du dogme trinitaire (considéré par les musulmans comme une corruption du message christique initial que le prophète Jésus (PBSL) prêcha à son époque) et de « tuer le porc ». Symbole de la transgression des chrétiens de cette Loi divine originalement confinée dans l'Ancien testament dont le messie lui-même n'a fait que confirmer la transcendance par son Ingil :


5 : 17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir , mais pour accomplir .
 5 : 18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé .

 Evangile Selon Matthieu

Enfin nous ne manquerons pas de signaler que l’Islam n’apporte rien d’innovant en matière de religion quant il interdit la consommation de la viande de porc, ainsi dans l’ancien testament nous lisons au Deutéronome XIV, 8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts ».

Dans le Lévitique XI 7-8, on lit : « Vous tiendrez pour impur le porc parce que tout en ayant le sabot fourchu, fendu en deux ongles, il ne rumine pas. "Vous ne mangerez pas de leur chair ni ne toucherez à leur cadavre, vous les tiendrez pour impurs. »

Mieux encore, on peut lire de nos jours dans le dictionnaire de la bible de Westminster ( The Westminster Dictionnary of The Bible ) : Le porc était un animal officiellement impur... Il est sale, il ne refuse pas de manger abats et charognes, et la consommation de sa viande dans certains pays chauds est supposée causer des maladies de la peau.

 

(1) Cœur en tant que siège de la foi et non l’organe ‘cœur’ comme on pourrait le penser dans un premier temps.
 (2) Les musulmans prient cinq fois par jour, pour cela, un état de sobriété du corps et de l’esprit est nécessaire.
 (3) « Par Celui dont les mains détiennent mon âme, le Fils de Marie (Jésus) descendra parmi vous (Musulmans) comme un guide équitable, il brisera la croix, tuera le porc et abolira la Jizyah. Ainsi, il y aura abondance d'argent et aucun n'acceptera un don ».(Sahih al-Bukhari et Mûslim)

 

LES INTERDITS ISLAMIQUE
« Réponse #2 le: 05 novembre 2016 à 15:49:48 »

L’alcool

Le vin (Al Khamr), et par extension toutes les boissons alcoolisés sont strictement prohibées en Islam. Cette interdiction ne s’est pas faite immédiatement, mais progressivement. Dieu révélant d’abord deux versets déconseillant la consommation d’alcool :



 219. - Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : “Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité”…
Sourate 2 : Al-BAQARAH (LA VACHE)

 43. ô les croyants ! N'approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres, jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté [pollués] - à moins que vous ne soyez en voyage - jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel…

Sourate 4 : AN-NISA' (LES FEMMES)


Ce dernier verset fut révélé suite à la mauvaise récitation d’une sourate du Coran, durant la conduite d'une prière à la mosquée, par un musulman en état d’ébriété. Ce ne fut que plus tard que l’interdiction formelle de la consommation de toutes substances alcoolisées fut introduite :



 90. ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, oeuvre du Diable. écartez-vous en, afin que vous réussissiez.
 91. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l'inimité et la haine, et vous détourner d'invoquer Allah et de la Salat. Allez-vous donc y mettre fin ?

 Sourate 5 : AL-MA-IDAH (LA TABLE SERVIE)


Ainsi en conservant un esprit sobre, le musulman est capable de s’adresser à Dieu par la prière cinq fois par jour sans perdre un instant la maîtrise de lui-même.

L’interdiction de l’alcool est également valable pour des raisons sanitaires, les boissons alcoolisées pouvant causer des dommages irrémédiables sur l’organisme et l'esprit des hommes : cancer du foie, hépatites alcooliques, accidents de la route, violence conjugales...

Quand les E.U, dans les années 1920 prirent conscience du problème et instaurèrent la prohibition en prenant exemple sur la civilisation islamique, il était déjà trop tard, et le résultat fut inverse.

Cependant, en terre d’Islam, depuis la révélation des versets prohibant la consommation d’alcool, les musulmans abandonnèrent définitivement toute sorte de boissons enivrantes. Ils ont été plus loin dans la prohibition en interdisant même la viticulture. Selon un hadith attribué au prophète (PBSL), ce dernier dit : « Malheur à celui qui cultive la vigne pour en faire du vin... ».

De nos jours, les pays musulmans restent encore les derniers dans le monde en terme de consommation d'alcool (pour plus d'information sur les dangers de l'alcool, se référer à notre chronique « l'islam et l'alcoolisme ».)

Les jeux de hasard et le tirage au sort

Comme pour le vin, les jeux de hasard sont strictement prohibés en Islam. S’il est difficile de savoir exactement à quand remonte cette interdiction, il est tout de même important de rappeler qu’à l’époque de la révélation coranique, les Arabes étaient un peuple superstitieux, qui n’hésitait pas à recourir aux flèches divinatoires (4), pour influencer une prise de décision de première importance, comme la date de départ en voyage d'une caravane ou la déclaration d’une guerre.

En interdisant ces pratiques divinatoires, Dieu fait comprendre à l’homme que le hasard n’existe pas, et que c’est Lui qui décide de tout ce qui arrivera de bon ou de mauvais. Dieu incite ainsi l’homme par le biais de la sincérité (Niya’ ), à accepter son destin (Qadar) et à avoir confiance en Lui.

Par extension, les jeux d’argents sont également proscrits, car ils introduisent également la notion de « hasard ». De plus, il peuvent amener facilement à la ruine ceux, qui les pratiquent, quand ils ne contribuent pas à augmenter l’amour de l’argent et des gains sans efforts.

L’adultère, la fornication et l’homosexualité

L’adultère (A Zinaa') et la fornication sont considérés en Islam comme étant des actes impurs :
« Fahicha ». La tradition enseigne qu'ils portent gravement atteinte aux moeurs et à la dignité humaine, dans la mesure ou ils révèlent l’animalité de l’homme dans ses plus bas instincts. Ainsi si l’adultère est interdit, le mariage est quand à lui recommandé, et est considéré comme un acte qui consolide le cheminement spirituel du croyant et parachève sa religion « Kamal U Dine ».




32. Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel mauvais chemin !
 Sourate 17 : AL-ISRA (LE VOYAGE NOCTURNE)

 1. Bienheureux sont certes les croyants,

5. et qui préservent leurs sexes [de tout rapport],
 6. si ce n'est qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer;
 7. alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs;

 Sourate 23 : AL-MUMINUNE (LES CROYANTS)


Quand à la pratique de l’homosexualité, l’interdiction coranique est formelle. A travers le récit du peuple de Loth (5), maudit pour ses pratiques sexuelles immorales et décadentes.



74. Et Lot ! Nous lui avons apporté la capacité de juger et le savoir, et Nous l'avons sauvé de la cité où se commettaient les vices; ces gens étaient vraiment des gens du mal, des pervers.
 Sourate 21 : AL-ANBIYA (LES PROPHÈTES)

 165. Accomplissez-vous l'acte charnel avec les mâles de ce monde ?
 166. Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Mais vous n'êtes que des gens transgresseurs”.
167. Ils dirent : “Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras certainement du nombre des expulsés”.

Sourate 26 : As-SHUARAA (LES POETES)


 

(4) Pratique courante chez les arabes d'avant l'Islam (Jahiliya).
 (5) Se référer à notre article sur le prophète Loth >>>.

 

LES INTERDITS ISLAMIQUE
« Réponse #3 le: 07 novembre 2016 à 18:23:02 »

L’usure

« L’argent, au regard de Dieu, n’a aucune valeur ». Maints versets coraniques certifient ce précepte et rappellent aux musulmans que le jour du Jugement, même tout l'or du monde ne garantit pas une place au Paradis. Aussi, l’avarice est une pratique fortement condamnée, et la générosité une très haute vertu en Islam.

L’Islam condamne violemment l’usure « Riba’ », qui consiste en la réclamation d'une somme supérieure à celle prêtée, car cette dernière aggrave la situation du débiteur et le met en position de faiblesse vis-à-vis de son créancier avec toutes les conséquences que cela implique, que se soit sur le plan matériel ou humain. Au contraire la religion musulmane enseigne à être conciliant envers son débiteur, et tend à protéger l’homme de l’esclavage de la matière en réduisant la puissance de l’argent individuellement ou collectivement dans une société.



130. ô les croyants ! Ne pratiquez pas l'usure en multipliant démesurément votre capital. Et craignez Allah afin que vous réussissez !
 Sourate 3 : AL-IMRAN (LA FAMILLE D'IMRAN)

 39. Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès d'Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la Face d'Allah (Sa satisfaction)... Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées.

 Sourate 30 : AR-RUM (LES ROMAINS)


Pour palier au problème actuel qui est la nécessité de posséder un compte bancaire, un nouveau système bancaire est apparu dans les pays musulmans. Le système financier ne repose plus alors sur le taux d’intérêt et le risque unilatéral, mais sur le partage des profits et le risque mutuel. Mais il s'agit là d'un sujet épineux auquel il faut consacrer une étude à part, de même que celui du nouveau concept de finance islamique, car les deux sont liés de près au libéralisme et au système barbare qu'il engendre, dans la mesure où ils tendent dans leur forme actuelle (surtout dans les pays du Moyen Orient) à consolider sa marche et non de réduire son influence ou de proposer une vraie alternative.

L’abus et le bon sens

En règle générale, tout abus est considéré comme nocif en Islam. Le prophète de Dieu (PBSL) a d’ailleurs insisté sur ce point en recommandant aux gens d’être modérés et économes, que ce soit dans leurs propos, leurs gestes ou leurs rapports sexuels.

Le croyant ne doit pas se laisser guider par ses pulsions, et doit rester avant tout maître de son corps et de son esprit. Un bon musulman est non seulement celui qui fuit le péché, mais également celui qui n’abuse pas de ce que Dieu a rendu licite, afin de ne pas tomber dans l’excès, ce qui lui serait non profitable à long terme.



143. Et aussi Nous avons fait de vous une communauté éloigné des extrêmes, …

Sourate 2 : Al-BAQARAH (LA VACHE)


Concernant le statut de substances telles que le tabac ou les drogues, il est important de rappeler cet hadith du prophète (PBSL), qui explique à lui seul pourquoi leur consommation doit être proscrite : « Ce qui provoque l'ivresse en grande quantité est interdit même en petite quantité ». (rapporté par Abû Dâoûd)

Il est à signaler que de nos jours, de nombreux interdits totalement anachroniques, ont fait leur apparition au sein de la communauté musulmane. Ces derniers sont basés souvent sur des hadiths douteux. On peut y citer comme exemple le plus flagrant, ceux concernant les rapports sociaux entre hommes et femmes ou entre les musulmans et non musulmans, et qui vont jusqu'à interdir la poignée de main, ou la voix féminine.

Enfin, il est toujours bon de rappeler que l’Islam n’est pas une religion qui a pour vocation de frustrer ceux et celles qui la pratiquent, mais de les guider sur le sentier de la vertu, de la morale et les préserver du péché, de la turpitude et de tous les vices.



Auteur: Souhayl.A & Lionel.J


 

 

 

En collaboration avec Dzteamunlocker