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Un peu de poesie..

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Un peu de poesie..
« le: 17 mars 2016 à 02:56:39 »

N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre,
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.

N'écris pas !

N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu... qu'à toi, si je t'aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

N'écris pas !

N'écris pas. Je te crains ; j'ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.

N'écris pas !

N'écris pas ces doux mots que je n'ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.

N'écris pas !

Marceline DESBORDES-VALMORE




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Un peu de poesie..
« Réponse #1 le: 20 mars 2016 à 02:54:59 »

Le temps efface tout comme effacent les vagues
Les travaux des enfants sur le sable aplani
Nous oublierons ces mots si précis et si vagues
Derrière qui chacun nous sentions l’infini.

Le temps efface tout il n’éteint pas les yeux
Qu’ils soient d’opale ou d’étoile ou d’eau claire
Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
Ils brûleront pour nous d’un feu triste ou joyeux.

Les uns joyaux volés de leur écrin vivant
Jetteront dans mon coeur leurs durs reflets de pierre
Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière
Ils luisaient d’un éclat précieux et décevant.

D’autres doux feux ravis encor par Prométhée
Étincelle d’amour qui brillait dans leurs yeux
Pour notre cher tourment nous l’avons emportée
Clartés trop pures ou bijoux trop précieux.

Constellez à jamais le ciel de ma mémoire
Inextinguibles yeux de celles que j’aimai
Rêvez comme des morts, luisez comme des gloires
Mon coeur sera brillant comme une nuit de Mai.

L’oubli comme une brume efface les visages
Les gestes adorés au divin autrefois,
Par qui nous fûmes fous, par qui nous fûmes sages
Charmes d’égarement et symboles de foi.

Le temps efface tout l’intimité des soirs
Mes deux mains dans son cou vierge comme la neige
Ses regards caressants mes nerfs comme un arpège
Le printemps secouant sur nous ses encensoirs.

D’autres, les yeux pourtant d’une joyeuse femme,
Ainsi que des chagrins étaient vastes et noirs
Épouvante des nuits et mystère des soirs
Entre ces cils charmants tenait toute son âme

Et son coeur était vain comme un regard joyeux.
D’autres comme la mer si changeante et si douce
Nous égaraient vers l’âme enfouie en ses yeux
Comme en ces soirs marins où l’inconnu nous pousse.

Mer des yeux sur tes eaux claires nous naviguâmes
Le désir gonflait nos voiles si rapiécées
Nous partions oublieux des tempêtes passées
Sur les regards à la découverte des âmes.

Tant de regards divers, les âmes si pareilles
Vieux prisonniers des yeux nous sommes bien déçus
Nous aurions dû rester à dormir sous la treille
Mais vous seriez parti même eussiez-vous tout su

Pour avoir dans le coeur ces yeux pleins de promesses
Comme une mer le soir rêveuse de soleil
Vous avez accompli d’inutiles prouesses
Pour atteindre au pays de rêve qui, vermeil,

Se lamentait d’extase au-delà des eaux vraies
Sous l’arche sainte d’un nuage cru prophète
Mais il est doux d’avoir pour un rêve ces plaies
Et votre souvenir brille comme une fête.

Marcel Proust


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« Réponse #2 le: 25 mars 2016 à 01:08:55 »

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n’y a pas d’amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n’y a pas d’amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n’y a pas d’amour heureux

Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n’y a pas d’amour heureux

Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs
Il n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à tous les deux.

Louis Aragon


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« Réponse #3 le: 04 avril 2016 à 02:24:34 »


Respectes mon silence, je t'en prie,
Le silence est mon arme la plus puissante
n'as-tu pas senti mon éloquence quand je me tais;
La beauté de ce que je dis quand je ne dis rien.





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« Réponse #4 le: 09 avril 2016 à 02:58:24 »

;D ;D ;D ;D ;D

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« Réponse #5 le: 29 avril 2016 à 02:07:14 »

Comme pousse l’herbe entre les fentes des rochers
Nous avons rencontré deux étrangers un jour
Le ciel du printemps inventait les étoiles…

Et j’inventais un épisode d’amour Pour tes yeux…je les ai chantés
Tes yeux savent-ils combien j’ai longtemps
Comme l’ oiseau attend l’été

Et me suis endormi
Tel le sommeil d’un exilé
Un œil s’endort pour que l’autre veille…longtemps
Et pleure son frère

Nous sommes des amoureux jusqu’à ce que la lune s’endorme
Et nous savons que l’étreinte et les baisers
Sont la nourriture des soirées de charme
Et le matin appelle mes pas afin qu’ils prolongent
le chemin un nouveau jour

Nous sommes deux amis, marche à mes cotés, main dans la main,
Ensemble nous fabriquons le pain et les chansons
Pourquoi interrogeons nous ce chemin…vers quelle destinée
Nous dirige t’il ?

Et d’où a-t’il recueilli nos pas ?
Ce que je cherche ce que tu cherches c’est de cheminer
Ensemble, jusqu’à l’éternité

Pourquoi cherchons nous les chansons des pleurs
Dans un recueil de vieux poèmes
Et nous demandons, O notre amour, resteras-tu ?

Je t’aime d’un amour de caravanes d’herbe et d’eau
Et l’amour du pauvre pour le pain
Nous avons trouvé deux étrangers un jour
Et nous restons deux amis pour toujours.

Mahmoud Darwich



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« Réponse #6 le: 08 mai 2016 à 02:58:09 »


Dans le frou-frou de la nostalgie
Je cherche éperdument
Quelques odeurs et couleurs
De jours passés.

La mémoire est une fièvre
Qui égrène les astres meurtris
Du désert que j’ai traversé.

Des noms meurent sur mes lèvres
Et mes yeux vidés des aurores lointaines
Habitent le territoire du songe.

Avec le temps,
La mémoire devient l’ennemi de l’homme.





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« Réponse #7 le: 28 mai 2016 à 03:07:40 »


Je l'aime parce qu'elle existe,
je ne souhaite rien, je ne désire rien,
il me suffit sa présence
et je crois qu'elle est comme une lumière bleue,
qui toujours s'étend en moi,
qui entrouvre de nouvelles terres, qui cisèle la dérive d'autres archipels,
ou est-elle la foudre ou l'étreinte d'un crépuscule las,
je ne sais trop
mais elle est en moi, nichée au creux de mes minuits
et je vais sans doute cheminer sur ses pas,
puis-je faire autrement,
glaner, ici et là, ses sédiments,
procéder à l'inventaire de ses chutes et de ses envols,
faire œuvre de témoin, de ses pactes et de ses absences
et parfois m'enliser dans la fange
car un rêve ne peut trop longtemps demeurer impuni
mais il m'importe peu
elle m'a élu et m'a gracié
et je ne requiers rien,
ni même l'aumône d'un regard,
d'un seul
il me suffit sa présence.


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« Réponse #8 le: 01 juin 2016 à 02:07:23 »

Derrière l’automne lointain
dans l’enveloppe du courrier
Derrière l’automne lointain
je t’aime un jour...et je m’en vais les oiseaux volent en mon nom
et se font tuer
je t’aime un jour
et je pleure
car tu es plus belle que le visage de ma mère
et plus belle
que les mots qui m’ont expulsé.
Sur l’eau ton visage.
l’ombre du ciel
rivalise avec mon ombre
et m’interdit de frôler ce soir
les fenêtres de mes parents.
Quand les roses se fanent-elles dans la mémoire ?
Quand les étrangers se réjouissent-ils
pour décrire l’instant qui flotte
sur l’eau
une épopée ou un ciel...
Et sous le ciel lointain
je t’ai oubliée
Les lys croissent
là-bas...sans raison
et les fusils
là-bas...sans colère
et le poème
là-bas sans poète
Et le ciel lointain
touche les terrasses des maisons
la casquette du gendarme
et oublie mon front...
Sous le ciel étrange
la terre nous fait souffrir,
ton corps s’adapte aux orangers et me fuit.
Je t’aime
et l’horizon prend la forme d’une question
Je t’aime,
et la mer est bleue
je t’aime,
et l’herbe est verte
je t’aime - lys
je t’aime-poignard
je t’aime un jour
et je connais la date de ma mort
je t’aime un jour
sans suicide
derrière l’automne lointain
je peigne tes cheveux.
je dessine ta taille.
dans le vent, des étoiles...et une fête
Je t’aime un jour
Je t’aime près de l’automne lointain
les oiseaux passent en mon nom
libres
et en mon nom, passe le jour
un jardin
et en mon nom je vis
je t’aime un jour
et je vis...
derrière l’automne lointain.


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« Réponse #9 le: 28 juin 2016 à 02:33:18 »

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« Réponse #10 le: 01 juillet 2016 à 02:57:58 »


أخاف أن أحبك جدا جدا. .....
,
فأفتقدك ثم اتألم. ....
.
اخاف ايضا ان لا أحبك فتضيع فرصة الحب فأندم. ....
.
أعيش معك حالة لا توازن منذ أن عرفتك. .....
.
حياتي تسير بانتظام فيما عدا قلبي فإنه يسوده الفوضى لكني أخشى النهايات دوما. .....
,
فأنا قد اعتدت دائما أن أفقد أي شيء أحبه. .....
.
أرجوك أخبرني كيف أحبك بلا الم. .....وكيف أحبك بلا ندم. .



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« Réponse #11 le: 08 juillet 2016 à 03:34:42 »


أحببتيه ؟
أكثر من نفسى
- لما تركتيه ؟
لم أتركه !
- هو تركك ؟
يتجاهلنى فقط
- أتتالمين ؟
لا أحد يشعر
- لما لا تنسيه فقط ؟
لا أريد
- لما ؟
لست ناكرة للجميل
- أى جميل ؟
جعلنى سعيدة يوما من الأيام
- أنتِ حزينة ؟
اتذكر كلامه فأنسى
ما زلتِ تحبيه ؟
نعم
- إالى متى ؟
- إلى أن أفارق الحياة..



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« Réponse #12 le: 23 juillet 2016 à 03:53:41 »

قـــال : أحــبــك
قالـت : أثبت
قـــال : أحــبـــك
قالت : أثبت
قـــال : أحـــبــك
قالت : لا أصدقك .. أنت تخدعني
فأغمض عيناها بيديه و قال لها لم تصدقي قلبي الآن فلن تصدقي لساني بعد الآن
فسكتت وزاد اضطرابها ، وعندما فتحت عيناها لم تجده أمامها ، فبكيت
و ظلت تقول ياليتني صدقته لكن بشكوكي ضيعته .. و التفتت وجدته خلفها يطمأنها
ويقول : أن لم أكن أمامك سأظل دائما بجانبك حتى و إن لم تصدقيني
فـــأنــا  أحـــــــبــك  , وسأظل احبـــــــــك
فأبتسمت بكسوف و همست فى أذنه : حبيبي أنا أعشـقك



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« Réponse #13 le: 06 août 2016 à 04:06:41 »

Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l'âme aux limites de l'être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.

Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n'exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.

Lorsque l'âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;

Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?




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« Réponse #14 le: 09 août 2016 à 03:14:46 »


Non loin de moi, elle prit un siège,

s'y installa sans hâte et fut comme une rose

exposant sa nonchalance

sur la lèvre du vase.

Le papier d'une lettre apparut, humble et soumis,

dans sa main,

moissonnant un reste de sa fidélité.

Ma tasse de café s'échappait, elle, sans cesse

de ma main,

dans le désir de rejoindre sa tasse.

O le tourment infligé par ce capuchon dont le soleil

auréolait sa tête ! ...

Et ce poudroiement d'or que met en mouvement

l'haleine de l'été !...

Le voyage d'un rayon de lumière

sur son genou

ébranle les fondations de mon âme !

Elle, de sa tasse, humait à loisir

quelques gouttes de café,

et moi j'en buvais au bord

de ses paupières !

Ah, ce récit conté par les deux yeux, qui me demandent

d'être son esclave,

comme sont les astres au ciel

en leur perpétuelle ronde !

Chaque fois que je la regarde

longuement, elle rit,

dénudant la blancheur de neige

de ses dents.

Partage avec moi le café du matin,

et ne t'ensevelis pas dans la noire tristesse

de l'irrésolution !

Je suis ton voisin, ô dame mienne,

et les collines elles-mêmes prennent des nouvelles

de leurs voisines.

Qui suis-je ? ... Laisse de côté

les questions. Je suis

une esquisse à la recherche des couleurs

qui la font exister...

Un rendez-vous, Madame ?

Elle sourit

et me montra du doigt

son adresse sur l'enveloppe.

J'y portais mes regards attentifs,

et ne pus rien voir, sauf

la marque du rouge à lèvres

sur sa tasse de café.


 

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